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Publié par Michel Bouffioux

Camille Pisani, directrice de l'Institut Royal des Sciences naturelles de Belgique.

Camille Pisani, directrice de l'Institut Royal des Sciences naturelles de Belgique.

Entretien : Michel Bouffioux.

En 1964, les trois crânes de la collection « Storms » ont été transférés du Musée de l’Afrique centrale vers l’Institut Royal de Sciences Naturelles de Belgique. Deux d’entre eux ont pu être retrouvés : ceux de Lusinga et Marilou. Entretien avec Camille Pisani, la directrice générale de l’Institut et avec Patrick Semal qui est le chef du Service Scientifique du Patrimoine au sein de cette vénérable institution.

Vos collections comportent des restes humains qui sont très anciens, qui ne sont pas identifiés et qui échappent au champ de notre questionnement. Celui-ci porte spécifiquement sur 3 crânes identifiés qui ont été « collectés» dans des circonstances très particulières et qui ont été transféré dans votre institution en 1964. Que savez-vous de l’histoire de ces crânes ?

Camille Pisani : Au moment de notre rencontre, je dispose de peu d’informations à cet égard. Dans votre question, vous faites la différence entre différents restes humains que nous conservons en fonction de la nature de leur entrée en collection. Pour nous, l’ensemble de ces restes humains ont le même statut. Ils posent tous la même question : peut-on considérer des restes humains comme des « objets » de collection ?

Quelle est votre réponse à cette question ?

C.M. : Il y a des pays où les restes humains ont été retirés de la liste des « objets » de collection mais ce n’est pas le cas en Belgique. Mais il y a débat sur certains d’entre eux. Faut-il considérer de manière particulière les restes humains qui sont entrés en collection durant la période coloniale et lors de la période florissante de l’anthropologie physique (ndlr : fin 19ème, début 20ème). La complexité de ce débat est qu’il faut considérer que si on statue sur ces restes humains, il faudra aussi le faire l’ensemble des restes humains qui se trouvent dans nos collections. Il n’y a aucune raison éthique de créer un distinguo entre les restes d’un moine de Coxyde datant du moyen-âge et ceux d’un chef africain datant du 19ème siècle.

Patrick Semal : Une différence existe en ce qui concerne le mode de collecte mais en qui concerne le statut de l’objet. Est-ce que les restes humains sont des « objets de collection » ? Je crois que la réponse est clairement affirmative.

Vous utilisez le terme « objets » ?

P.S. : C’est une façon de nommer ces items. Ce sont des « objets de collections », pas des objets en tant que tel. Il faut savoir que les collections de l’IRSNB ont été constituées de diverses manières. Elles sont essentiellement constituées de fossiles qui correspondent aux phases anciennes d’occupation des territoires qui correspondent à l’actuel Royaume de Belgique et à l’actuelle République démocratique du Congo. Ces fossiles sont vieux de plusieurs dizaines de milliers d’années.

En l’espèce, il s’agit clairement d’items qui ont été récoltés lors de fouilles ?

P.S : Tout à fait. Et des collections anthropologiques nous sont parvenues de la même manière. Madame Pisani a évoqué les moines de Coxyde. Elle est constituée des squelettes de 1000 moines qui proviennent du cimetière de l’Abbaye des Dunes qui a été fouillé par l’Institut dans les années ’60. Les plus récent d’entre eux datent de 1500 mais cela s’étale sur plusieurs siècles ! Par ailleurs, il y a énormément de restes humains qui ont été découvert « par hasard », au gré de chantier de construction et d’aménagement du territoire. On peut citer l’exemple de la rue des Alexiens à Bruxelles où un vieux cimetière fut découvert. Les ossements qu’il recelait se sont donc retrouvés chez nous. A côté de cela, il y a une petite fraction de nos collections, qui est constituée de restes humains provenant de donateurs privés. Il n’est jamais entré dans les intentions de l’Institut de créer ce type de collection mais, effectivement, il y a eu, à un certain moment, des collectionneurs privés ; Des médecins notamment, qui s’étaient procuré ces restes dans une perspective didactique, pour pouvoir les décrire. Ces pièces-là se sont retrouvées dans nos collections malgré nous. Nous n’avons jamais rien acheté de cet ordre. Reste nos collections provenant de zones géographiques non-européenne : elles sont essentiellement constituées des items qui nous été transmis par le Musée de l’Afrique centrale en 1964 et qui faisaient partie de la collection d’anthropologie physique conservée jusque là par nos confrères de Tervuren.

 

Patrick Semal, chef du Service Scientifique du Patrimoine à l'Institut Royal des Sciences naturelles de Belgique tient entre ses mains le crâne du chef Lusinga. On apperçoit aussi la boîte dans laquelle ces restes humains se trouvent conservés. (Photo : Ronald Dersin).

Patrick Semal, chef du Service Scientifique du Patrimoine à l'Institut Royal des Sciences naturelles de Belgique tient entre ses mains le crâne du chef Lusinga. On apperçoit aussi la boîte dans laquelle ces restes humains se trouvent conservés. (Photo : Ronald Dersin).

Selon l’archiviste du Musée de Tervuren, le transfert des 3 crânes a été accompagné du dossier d’acquisition réalisé en 1935 lorsque la veuve du général Storms les a légués. Disposez-vous de ces archives ?

P.S. : Nous les avons recherchées dans la perspective de cet entretien mais nous ne les avons pas retrouvés. Pour nous, il y a une potentialité que ces archives se trouvent toujours à Tervuren.

(Ndlr : Avant de poser la question suivante, nous détaillons devant nos interlocuteurs les circonstances précises de la « collecte » des crânes : destructions de villages par des mercenaires, crimes, décapitations, tête de Lusinga exhibée par Emile Storms pour effrayer la population de la station de Mpala, exportation des crânes en Belgique…)

Les circonstances dans lesquelles ont été collectés ces crânes que vous conservez ne vous mettent-elles pas mal à l’aise ?

P.S : Je ne sais pas si cela me met mal à l’aise. Par contre, cela induit une réponse différente s’il y a une demande de restitution. A partir du moment où un reste humain est clairement identifié, ce qui est manifestement le cas à propos de ces crânes, et qu’une demande de restitution de la descendance intervient, nous sommes d’avis d’y répondre favorablement. C’est d’ailleurs la position de tous les grands musées, notamment celle du Musée de l’Homme à Paris.

Vous êtes tous les deux formels sur ce point ?

CM : Tout à fait. Je voudrais préciser mes premières interventions en ces termes : qu’il s’agisse des moines de Coxyde ou de Monsieur Lusinga, le statut de ces items est le même. Ils posent les mêmes questions en ce qui concerne leur nature patrimoniale et le débat de savoir si on peut les conserver en collection. Autrement dit, si on vient à statuer d’une manière nouvelle relativement au crane de Lusinga, cela concernera aussi les moines de Coxyde. En d’autres termes, une évolution législative qui permettrait une restitution du crane de Lusinga créerait des droits identiques pour les descendants des moines de Coxyde. Je voudrais aussi profiter de cet entretien pour rappeler que les musées sont les dépositaires de la manière de penser d’autrefois. Alors, on peut s’étonner que ce crâne se trouvent dans une boîte mais je ne peux prendre l’initiative de l’inhumer sans réclamation. Cette action consisterait à effacer une partie de la mémoire comme on le fait dans certains régimes totalitaires qui suppriment certains personnages sur les photos officielles. J’estime que le travail que vous réalisez est important pour l’Histoire. La mémoire, c’est une autre affaire. Enfin, j’ajoute qu’à ce jour nous n’avons pas eu de demande de restitutions des crânes en question.

Le crane Lusinga se trouve devant nous, sur votre table de réunion. Ne serait-il pas utile d’enfin lui donner la parole ? Il a beaucoup de choses à nous dire sur une époque importante de l’histoire de la Belgique et du Congo…

PS : C’est un travail historique qu’il serait très intéressant de mener mais il sort du champ de compétence du Musée des sciences naturelles. Ce pourrait être l’objet d’une démarche initiée par le Musée royal de l’Afrique centrale.

Les crânes dont nous nous entretenons présentent-t-il un intérêt scientifique pour votre institut ?

CP : Bien sûr, ce crâne de Monsieur Lusinga est celui d’un homo sapiens comme vous et moi. Cela dit, c’est celui-ci et pas un autre. Il n’est ni vous ni moi tout en étant vous et moi. Cela dit, tout dépend des questions que l’on se pose. La recherche provoque parfois des surprises. Par exemple, il se peut qu’un jour, à la suite d’une analyse qui n’a rien à voir avec l’histoire de cet homme, on découvre qu’il était porteur d’une particularité génétique qui aujourd’hui signifiante dans la région où il vivait. D’où l’intérêt pour nous de conserver un matériau original et complet. Selon les questions que l’on va lui poser, en fonction aussi de l’évolution des techniques employées, il y a toujours cette potentialité qu’il nous dise un jour quelque chose de nouveau. C’est pour cela qu’il nous semble préférable de garder des originaux plutôt que des copies, des impressions en 3D, plutôt également que de conserver uniquement leur identité génétique dans une banque de donnée. On ne peut présupposer de toutes les questions auxquelles ces « objets » humains seront un jour capables de répondre.

PS : Je peux vous en donner un exemple concret. L’Institut conserve une très importante collection de restes humains néanderthaliens. Elle a été constituée à partir de « déchets » que l’on trouvait autrefois dans des collections de paléontologie. Ces esquilles osseuses ont présenté un intérêt nouveau au moment où quelqu’un a pensé qu’elles pouvaient servir à la reconstitution d’ossements complets, ce qui a été fait pour pas moins de six individus ! Notre vocation patrimoniale est donc de tout garder parce qu’effectivement, on ne sait pas quelles seront les questions auxquelles nos collections pourraient encore répondre à l’avenir. Dans le cas d’espèce qui nous occupe, cet avenir pourrait être une visite d’un descendant de Monsieur Lusinga. Si quelqu’un vient nous dire : je suis l’arrière-petit-fils de cet homme et je demande que ses restes soient rapatriés, nous y répondrons favorablement.

Si cette demande intervient, les choses se passeront simplement ?

CM : Encore une fois, cela ne dépendrait pas que de l’avis favorable de notre Institut. Il faudrait que l’Etat – via un texte de loi – procède à une descension d’une pièce de son patrimoine qui est sensé être intangible et inaliénable. Il n’y a pas de précédent en Belgique. Il faudra sans doute mettre une commission parlementaire à pied d’œuvre.

PS : Laquelle devrait alors embrasser la question de la restitution des restes humains d’une manière générale afin de fixer des règles applicables à toutes les collections.

Seriez-vous favorable à un retour du crane de Lusinga à Tervuren, si vos collègues du MRAC se montraient intéressés par une exposition racontant son histoire ?

CM : Oui, bien entendu. Nous sommes disposés à le prêter à toute institution fiable qui en ferait la demande. C’est-à-dire toute institution qui serait capable de l’exposer dans de bonnes conditions et dans un contexte sur lequel on serait bien renseigné où cette pièce pourrait apporter de l’information signifiante. On pourrait même le prêter à une institution étrangère pour autant qu’il n’existe pas de risque géopolitique laissant craindre que le crâne ne revienne pas.

PS : Si les autorités congolaises demandent l’un des trois crânes de la collection Storms, cela sera une question diplomatique qui échappera à notre gestion. Nous, on ne pourra répondre que s’il s’agit d’une demande de personnes apparentées.

En 2010, lors d’un colloque organisé en Suisse sur la question de la restitution des restes humains présents dans les collections ethnographiques, Louis Necker, directeur honoraire du Musée d’ethnographie de la Ville de Genève estimait que toute décision de restitution doit être prise en fonction des quatre paramètres suivants : « L’objet a-t-il été acquis dans la violence ?  Dans le cadre de la restitution de restes humains, existe-t-il un lien entre le reste humain et des personnes vivantes ? En cas de restitution, la conservation de l’objet est-elle assurée ?  La restitution est-elle souhaitée ? ». Que pensez-vous de ces critères ?

PS : Une règle s’impose aux autres dans les quatre que vous avez énoncées. Y-a-t-il des descendants qui font une demande de restitution. Avec cette sous-question : peut-on établir ce lien avec des garanties suffisantes, notamment au travers de test génétiques. Aucune autre condition ne me semble devoir être posée.

CM : J’abonde dans le même sens. Le lien familial est une raison suffisamment forte pour que l’on ne juge pas des intentions d’un demandeur. Dans tous les cas, cette demande est légitime. Autrement dit, on fait prévaloir le lien familial sur le lien scientifique. Cela revient à reconnaître que ces collections ne sont pas constituées d’ «objets » comme les autres. Mais encore une fois, notamment au travers de tests génétiques, il s’agit d’établir une filiation directe entre le demandeur et les restes humains. L’objectivation d’un lien direct est aussi une parade à des tentatives d’instrumentalisation des restes humains par des groupes d’individus qui voudraient les faire « parler » d’une manière ou d’une autre. Cela dit, il n’est pas certain qu’il y ait une demande alors même que l’on aurait retrouvé la famille de Monsieur Lusinga. Au Musée de l’Homme à Paris, une famille algérienne est un jour venue pour regarder les restes d’un ancêtre. Ils ont trouvé que les conditions de conservation étaient dignes et quelque part, ils étaient fiers qu’ils soient conservés dans cette institution. Donc, il y a des familles qui veulent le retour et d’autres pas. C’est ce qui fait aussi tout l’intérêt de traiter ces affaires cas par cas, avec les familles concernées.

Ce n’est pas à nous d’écrire la fin de l’histoire ?   

CM : Non bien entendu et j’ajouterais qu’il faut prendre le temps de l’écrire. Pour moi, ce serait extrêmement dommage que l’histoire de ces hommes, de ces crânes ramenés par le militaire Storms, ne soient pas totalement documentée avant de procéder à une restitution. C’est la contrepartie du fait de dire au demandeur qu’il fera ce qu’il veut du crâne lorsqu’il le recevra.

Madame Pisani, puis-je résumer votre propos ainsi : « Si un descendant demandait à récupérer ces restes humains identifiés, je donnerais un avis favorable. Il faudrait cependant des garanties en termes d’identification, notamment via un test ADN. J’ajoute que ces items font partie du patrimoine de l’Etat et que s’en séparer impliquerait un travail législatif car ce cas de figure se présenterait pour la première fois en Belgique. »

CM : C'est bien résumé.

Le crâne de Lusinga (photo : IRSNB)

Le crâne de Lusinga (photo : IRSNB)

En 2010, lors d’un colloque organisé en Suisse sur la question de la restitution des restes humains présents dans les collections ethnographiques, Louis Necker, directeur honoraire du Musée d’ethnographie de la Ville de Genève estimait que toute décision de restitution doit être prise en fonction des quatre paramètres suivants : « L’objet a-t-il été acquis dans la violence ?  Dans le cadre de la restitution de restes humains, existe-t-il un lien entre le reste humain et des personnes vivantes ? En cas de restitution, la conservation de l’objet est-elle assurée ?  La restitution est-elle souhaitée ? ». Que pensez-vous de ces critères ?

PS : Une règle s’impose aux autres dans les quatre que vous avez énoncées. Y-a-t-il des descendants qui font une demande de restitution. Avec cette sous-question : peut-on établir ce lien avec des garanties suffisantes, notamment au travers de test génétiques. Aucune autre condition ne me semble devoir être posée.

CM : J’abonde dans le même sens. Le lien familial est une raison suffisamment forte pour que l’on ne juge pas des intentions d’un demandeur. Dans tous les cas, cette demande est légitime. Autrement dit, on fait prévaloir le lien familial sur le lien scientifique. Cela revient à reconnaître que ces collections ne sont pas constituées d’ «objets » comme les autres. Mais encore une fois, notamment au travers de tests génétiques, il s’agit d’établir une filiation directe entre le demandeur et les restes humains. L’objectivation d’un lien direct est aussi une parade à des tentatives d’instrumentalisation des restes humains par des groupes d’individus qui voudraient les faire « parler » d’une manière ou d’une autre. Cela dit, il n’est pas certain qu’il y ait une demande alors même que l’on aurait retrouvé la famille de Monsieur Lusinga. Au Musée de l’Homme à Paris, une famille algérienne est un jour venue pour regarder les restes d’un ancêtre. Ils ont trouvé que les conditions de conservation étaient dignes et quelque part, ils étaient fiers qu’ils soient conservés dans cette institution. Donc, il y a des familles qui veulent le retour et d’autres pas. C’est ce qui fait aussi tout l’intérêt de traiter ces affaires cas par cas, avec les familles concernées.

Ce n’est pas à nous d’écrire la fin de l’histoire ?   

CM : Non bien entendu et j’ajouterais qu’il faut prendre le temps de l’écrire. Pour moi, ce serait extrêmement dommage que l’histoire de ces hommes, de ces crânes ramenés par le militaire Storms, ne soient pas totalement documentée avant de procéder à une restitution. C’est la contrepartie du fait de dire au demandeur qu’il fera ce qu’il veut du crâne lorsqu’il le recevra.

Madame Pisani, puis-je résumer votre propos ainsi : « Si un descendant demandait à récupérer ces restes humains identifiés, je donnerais un avis favorable. Il faudrait cependant des garanties en termes d’identification, notamment via un test ADN. J’ajoute que ces items font partie du patrimoine de l’Etat et que s’en séparer impliquerait un travail législatif car ce cas de figure se présenterait pour la première fois en Belgique. »

CM : C'est bien résumé.

Le crâne du chef Marilou (photo : IRSNB)

Le crâne du chef Marilou (photo : IRSNB)

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Jacqueline Goegebeur 23/03/2018 13:58

LETTRE DU AIA désignant EMILE STORMS comme responsable de l'expédition:

Monsieur,


Vous êtes désigné par le comité exécutif pour prendre le commandement de la prochaine expédition organisée par l’Association Internationale Africaine.
M. Constant vous est adjoint.
Vous prendrez vos dispositions de manière à vous embarquer avec votre compagnon à Brindisi le 10 Avril courant, à bord du steamer de la Péninsulaire, qui vous transportera à Aden.
Les bagages de votre expédition seront envoyés par le steamer de la « British India » qui quittera Londres (aupara)vant et qui doit arriver à Aden le 12 Mai (afin) que vous ne manquerez pas à Aden la correspondance pour Zanzibar. Toutefois comme ce contretemps peut être dans l’ordre des choses possibles, je vous remets (en )annexe copie d’une note du docteur Dutrieux (avec les) précautions Hygiéniques à observer par les Européens (…) passant à Aden.
Je vous remets en même temps que ces instructions vos billets de passage à bord des steamers de la ‘Peninsular’ et de la ‘British India’ ainsi qu’une somme de cent souverains destinée à couvrir vos dépenses jusque Zanzibar. Vous verserez entre les mains de M. Cambier la partie de cette somme que vous n’aurez pas dépensée.
Dès votre arrivée à Zanzibar vous vous mettrez en relation avec M. Cambier qui est chargé de nous y représenter, et aux conseils duquel nous vous engageons de déférer.
Il vous indiquera la marche à suivre pour solliciter une audience du Sultan. Vous le prierez de vous présenter aux agents des puissances Européennes ainsi qu’aux chefs des missionnaires français et anglais établis dans l’ile.

(...)
Vous savez, Monsieur, que les stations de l’Association internationale ont un double but : scientifique et hospitalier.
La mission scientifique du chef de station consiste :
Dans les observations astronomiques.
Dans les observation météorologiques.
Dans la formation de collections de Géologie, de zoologie et de botanique
Dans la confection de la carte des environs de la station.
Dans la recherche des renseignements qui peuvent être utiles au commerce et à l’industrie et conduire à l’établissement de relations entre le côte de l’Afrique et le monde civilisé ;
Dans les observations ethnologiques ;
Dans la rédaction des récite des voyageurs indigènes qu’on interroge les pays encore inconnus des Européens qu’ils auront parcourus
Dans la rédaction d’un journal relatant tous les événements et toutes observations dignes d’être rapportées.

(...)

Une scrupuleuse probité et un fidélité inaltérable à la parole donnée sont avec la douceur les meilleurs moyens de traiter avec la race nègre.
Vous connaissez ces choses aussi bien que moi. Si je vous les écris, ce n’est pas que j’ai l prétention de vous en instruire, mais afin que chacun sache que vous êtes investi de l’autorité nécessaire pour faire respecter les règles qui viennent d’être sommairement retracées.
Le commandement de l’expédition ou de la station sera toujours exercé par l’officier le plus élevé en grade. Si aucun officier ne fait partie de la station ou de l’expédition le commandement sera exercé par le voyageur civil le plus âgé.
Agréez, monsieur, l’assurance de ma considération la plus distinguées,

Le Secrétaire Général,
Signé
Maximilien Charles Ferdinand Strauch